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INFO JDD. Fred de "C'est pas sorcier" va "développer la culture du risque" chez les Français

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« On pourrait épargner des vies. » C’est évidemment ce qui a poussé Frédéric Courant, le célèbre « Fred » aux côtés de Jamy dans l’émission C’est pas sorcier, à ­accepter la mission proposée par le ministère de la Transition écologique : piloter un groupe de travail pour « développer la culture du risque chez les Français ». La volonté de la pédagogie aussi, qui a fait les beaux jours de son duo télévisé et qui l’anime aujourd’hui encore sur sa plateforme en ligne L’Esprit sorcier.

Les travaux ont débuté cette semaine pour un rapport attendu dans six mois et une application des mesures retenues dans un délai d’un an. « Notre idée, c’est d’expliquer aux Français comment ça marche, ­analyse le journaliste scientifique. Par exemple, quand on connaît le mécanisme d’une crue cévenole, on sait comment l’appréhender. »

« Aujourd’hui, on a des gens qui restent chez eux quand il y a une inondation et qui sortent quand il y a un incendie, témoigne le colonel Grégory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. C’est tout le contraire qu’il faudrait faire ! » Lors du passage de la tempête Alex début octobre dans les Alpes-Maritimes, certains ont tenté de traverser des cours d’eau en crue, d’autres ont voulu récupérer leurs voitures garées en sous-sol.

Enseigner les bons réflexes

Autre lieu, autre exemple. La nuit de l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, le 26 septembre 2019, le préfet de la ­Seine-Maritime, Pierre-André Durand, n’a pas ­actionné les sirènes de ­confinement par peur d’entraîner « des mouvements de panique ou des attitudes contre-productives ». « Quand vous faites sonner, cela signifie qu’il faut rester à l’abri et écouter la radio, avait-il justifié plus tard devant la mission d’information parlementaire qui l’auditionnait. Cependant, dans la pratique, les gens sortent. »

Pour remédier à ces comportements à risque, deux axes de ­travail vont occuper les cinq experts – spécialistes en sécurité civile, communication, géographie, sciences comportementales et numérique – qui accompagnent Frédéric Courant dans ses travaux : sensibiliser le public à l’existence même d’un danger ; lui enseigner les bons réflexes.

Avec l’aggravation des phénomènes naturels extrêmes, la question d’une formation dès le plus jeune âge est posée. « Si, demain, il y a un tremblement de terre dans les Alpes-Maritimes, combien d’enfants auront le réflexe de se mettre sous la table ?, interroge Grégory Allione. Au Japon, c’est un automatisme. » Selon un sondage Odoxa réalisé après l’incendie de ­Lubrizol, un Français sur trois dit ne pas savoir qu’il habite à côté d’un site dangereux classé Seveso. Et 71% des personnes interrogées ne sauraient pas du tout comment réagir face à un accident d’installations chimiques.

Une « journée à la japonaise »

Auteur du rapport de la mission parlementaire sur Lubrizol, le député LREM Damien Adam suggérait l’organisation d’une « journée à la japonaise », chaque année dans un département, avec un exercice de confinement : « Une journée nationale de sensibilisation au risque, c’est clairement une idée qu’il faudra explorer, commente-t-on au ministère, tout en insistant sur les spécificités locales. On ne court pas le même risque à côté d’un volcan en Guadeloupe ou dans une zone inondable. »

Après avoir analysé les bonnes pratiques à l’étranger, les experts plancheront sur les outils pour informer la population. Dans les jours qui ont suivi l’incendie de Rouen, les réseaux sociaux avaient relayé des fausses images d’oiseaux supposément morts du nuage de pollution. « On ne fera pas disparaître les fake news, relativise ­Frédéric Courant. Mais il faut être plus fort qu’elles. Les gens doivent savoir quels sont les sites qui vont leur donner des informations fiables. »

Parallèlement, le gouvernement travaille sur un système d’alerte par téléphone mobile en cas de danger pour la population, avec un déploiement prévu entre juillet 2021 et juin 2022. « Il faut impliquer les Français dans la gestion collective du risque, juge ­Frédéric Courant. La crise sanitaire actuelle nous montre qu’il faut une information moins verticale. » Pour le chef des pompiers des Bouches-du-Rhône, ce doit être aussi l’occasion d’accélérer la formation aux gestes de premiers secours, qui devait concerner 80 % des Français à la fin du quinquennat selon le souhait d’Emmanuel Macron. « On est qu’à 22% aujourd’hui », regrette-t-il, espérant que le thème s’imposera lors de la campagne présidentielle de 2022, car, n’a-t-il de cesse de rappeler, « il s’agit de sauver des vies ». 

Written by Ceus isnel

Le bonheur ne s'acquiert pas, il ne réside pas dans les apparences, chacun d'entre nous le construit à chaque instant de sa vie avec son coeur.