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Covid-19 : pourquoi se faire tester avant Noël n'est pas forcément une bonne idée

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Noël est dans une semaine, et selon un sondage Ifop publié début décembre, 26% des Français envisagent de se faire tester avant de passer les fêtes en famille. « On se prépare à un tsunami », déclarait François Blanchecotte, le président du Syndicat des biologistes, dimanche dans le JDD. Même écho du côté du président de la Fédération des pharmaciens d’officine, Philippe Besset : « Des familles entières prennent rendez-vous partout. On pourra au mieux monter à 4 à 5 millions par semaine, entre les laboratoires et les pharmacies. » Aujourd’hui, la France réalise un peu plus d’1,2 million de tests par semaine (pour environ 72.000 cas confirmés en semaine 49, du 30 novembre au 06 décembre 2020). 

1. Créer un engorgement dans les laboratoires

C’est l’une des mises en garde du ministre de la Santé, qui a affirmé que si, sur le papier, se faire tester avant Noël pouvait « paraître une bonne idée », cela comportait aussi des risques. « Il faut aussi éviter l’engorgement des laboratoires, pharmacies, médecins qui réalisent des tests. S’il y avait 10, 15 ou 20 millions de Français qui souhaitaient se faire tester dans l’urgence avant d’aller partager le repas de Noël, aucune structure sanitaire au monde ne serait capable d’y faire face », a indiqué Olivier Véran lors du point presse jeudi dernier. 

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Une telle situation aurait un impact sur les personnes « qui ont réellement besoin de se faire tester parce qu’ils sont malades, symptomatiques ou cas contact ». Or, pour enrayer l’épidémie, les publics prioritaires doivent continuer à pouvoir être testés en priorité. « Il ne faut pas qu’on soit submergé par des tests que j’appellerai de confort », résumait Francis Blanchecotte sur Europe 1 la semaine dernière. « Pour tous les gens qui sont asymptomatiques, s’ils ont pris toutes les précautions, ont respecté des mesures barrières, il n’y a pas de raison fondamentale de se faire tester », ajoutait le président du Syndicat des biologistes. 

2. Croire qu’un test négatif est un « totem d’immunité »

Olivier Véran a tenu à passer un message jeudi dernier : « S’il vous plaît, n’utilisez pas le test comme une espèce de totem d’immunité. » Car être testé négatif ne signifie pas forcément que l’on n’est pas porteur du virus. « Si le test est négatif, le piège est de croire que le risque est nul. C’est faux, en raison de la proportion de faux négatifs qui peut aller jusqu’à 40% pour les tests rapides », expliquait l’épidémiologiste et ancien directeur général de la santé (2003-2005), William Dab, dimanche dans le JDD. 

« Le danger serait que 20 personnes (…) décident de se faire tester et, en confiance, se retrouvent à table, arrêtent les gestes barrière, ne portent pas le masque, partagent le même foyer pendant plusieurs jours avec des personnes fragiles pensant ne rien risquer alors qu’en réalité le virus est là et que le risque de transmission est réel », affirmait de son côté le ministre de la Santé. 

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« Ce sont des photographies à un jour donné. Si vous êtes négatif, ça peut vouloir dire que vous êtes effectivement négatif, ou que vous êtes déjà infecté, mais en phase d’incubation, ou que le test est faussement négatif », alertait samedi sur Europe 1, le Dr Alexandre Bleibtreu, infectiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. Les tests antigéniques aux résultats rapides (moins de 30 minutes) sont aussi moins fiables que les PCR. Ils sont « globalement moins sensibles que la RT-PCR, qui reste la technique de référence, mais leur rapidité de rendu de résultat est un atout pour casser rapidement les chaînes de transmission et isoler les cas positifs », peut-on lire sur le site du gouvernement.

Dans son avis du 17 novembre, le conseil scientifique écrivait : « Les tests antigéniques sont moins sensibles, détectant les sujets à la phase contagieuse de l’infection où la charge virale est plus élevée, mais passant à côté des infections débutantes si bien que des sujets détectés négatifs en début d’infection pourront être contagieux dans les trois jours suivants. » En effet, « ces kits détectent la protéine de surface du virus, pas le matériel génétique comme les PCR. Donc, chez les asymptomatiques, qui n’en excrètent pas beaucoup, ils passent à côté environ une fois sur deux », explique François Blanchecotte.

L’importance des gestes barrière

Tous les experts rappellent donc en premier lieu l’importance de respecter les gestes barrière, même en cas de test négatif. « Ce n’est en aucun cas un blanc-seing, mais (se faire tester en amont) amoindrit le risque. Ça permet d’écarter les personnes positives des repas de famille », estime toutefois le président de la Fédération des pharmaciens d’officine, Philippe Besset. « Un test négatif ne dispense pas des mesures de protection », confirme William Dab. 

Alors quelle que soit votre situation pendant les fêtes de fin d’année, il faudra de toute façon garder en tête les mesures de protection, à savoir hygiène des mains, distance ou port du masque quand cette dernière n’est pas possible, et aération des espaces clos.

Written by Ceus isnel

Le bonheur ne s'acquiert pas, il ne réside pas dans les apparences, chacun d'entre nous le construit à chaque instant de sa vie avec son coeur.